Rapatriés

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« Rapatriés »
de Néhémy Pierre-Dahomey
Seuil

 

A propos
Belliqueuse Louissaint, jeune haïtienne au caractère intrépide, tente une traversée clandestine de la mer des Caraïbes pour rejoindre les États-Unis. Le voyage échoue. Elle y laisse un enfant. De retour sur le sol natal, elle est forcée de s’installer sur une terre désolée, réservée par l’état aux clandestins infortunés. L’endroit est baptisé Rapatriés. Les conditions de vie dans ce lotissement de boat people contraignent Belli à un choix déchirant : elle fait adopter ses deux filles, Bélial et Luciole.

Bélial vivra en France sous la tutelle de Pauline, une employée d’ONG qui voit en l’enfant une nouvelle raison de vivre. Quant à Luciole, elle disparaît dans les vastes confins de l’Amérique du Nord. Plus tard, l’une des deux jeunes filles reviendra en Haïti, mais quand se présentera le moment des retrouvailles, un ultime exil aura marqué leur mère.

 
Mon avis
J’affectionne les premiers romans, j’avance à tâtons, me demandant ce que je vais ressentir en m’y plongeant.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que celui-ci est une réussite.
Une réussite envoûtante, à la force indescriptible avec pour personnage central Belliqueuse.
Après une traversée ratée, les Etats-Unis s’éloignent. Retour en Haïti dans le quartier de « Rapatriés ». A l’infinie déception s’ajoute la perte d’un enfant.
Belliqueuse ne connaît que combats et violences. Elle se détériore, comme les fondations d’une maison qui lentement s’écaillent et tombent en poussière.
Belliqueuse fera adopter ses deux dernières filles.
Des départs, des retours, des larmes et tremblements sur cette Terre où pousse la fatalité.
Une fatalité contre laquelle chacune va apprendre à se battre.
Mais Belliqueuse l’échouée, la mère amputée, ferme les fenêtres de son être, de son âme. Et sombre.
Un roman à la langue captivante, révoltée, troublante qui nous conte ici une île et ses habitants plongés dans la misère et l’indifférence.

 

Le tout petit extrait :
« Belli marchait, vaillante et décidée, sur ce sentier aussi simple qu’un calvaire. Le soir arrivait. Il portait avec lui une lune bien ronde et un air en mouvement qui jetait des bourrasques sur les quartiers amoncelés. On distinguait la route étroite en terre battue traversant comme une lame deux rangées de toits délabrés, des tôles rouillées, du bois pourri, des clous béants et, de temps en temps, comme seule en générait la vie périurbaine sous les tropiques, une mare boueuse concoctant de nouvelles sortes de bactéries. »

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