Reste le chagrin

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Reste le chagrin
de Catherine GRIVE
JC Lattès

 

A propos
En mai 1930, un paquebot quitte New York avec, à son bord, un groupe de mères et d’épouses qui vont se recueillir pour la première fois sur la tombe de leur fils, de leur mari.
Reste le chagrin est le récit de cette traversée, le premier pèlerinage des Gold Star Mothers. Ces femmes très différentes vont devoir partager leurs souvenirs, mesurer l’impact du temps sur leur douleur. Réfléchir. Quinze ans après, il n’est plus question d’honorer, de célébrer, de déplorer, mais de comprendre.

 

Mon avis
Ce roman, c’est d’abord un sujet fort, un sujet plutôt méconnu mais ô combien lourd de sens et d’émotion : celui des Gold Star Mothers, ces mères et épouses américaines venues en France sur les tombes de leurs enfants et maris, tués pendant la première guerre.
Ce roman, c’est ensuite l’histoire d’une mère.
Catherine Grive aurait pu choisir la facilité et nous dépeindre une femme parfaite, sans accrocs.
Il n’en est rien. Catherine est distante voire hautaine. Catherine a ses parts d’ombre, ses faiblesses, ses extrèmes. Catherine a si follement aimé ce fils qu’elle en a délaissé ses filles et son mari et l’assume sans gêne aucune.
Malgré cela, tout doucement, cette femme touche notre coeur.
Parce que derrière une carapace, il y a tant de larmes contenues, tant de palpitations.
Derrière ces regards qui se détournent ou se haussent, derrière ces silences volontaires, il y a tant de pudeur et de questions en recherche désespérée de réponses.
Toutes ces mères ont beau avoir la même destination, avoir enduré la même perte, elles n’en demeurent pas moins des personnes différentes.
Les dernières pages m’ont émue aux larmes.
Quelques mots où l’on sent combien le personnage de Catherine aimerait renouer, sans trop savoir comment faire, sans trop vouloir s’excuser non plus.
Renouer avec sa famille, c’est aussi quelque part renouer avec cette vie laissée en suspens. C’est sans doute aussi devenir une « autre ».
Ce roman, c’est aussi une auteure qui de sa plume élégante et épurée nous laisse accompagner ces femmes dans le cheminement si intense, si bouleversant qui est le leur. Avec un vrai sens des détails et de la justesse.
Une très belle découverte, un très beau premier roman signé Catherine Grive !

 

Le tout petit extrait :
« Les premiers temps après sa mort, j’avais tenu la pièce fermée à double-tour. Il n’y avait pourtant pas joué longtemps, me répétaient filles et mari, mais c’était ici que je pensais le mieux à lui, qu’il me revenait en couleurs, vivant. Plus vivant qu’au pied des arbres où il construisait des cabanes, qu’au bord de la rivière où il érigeait ses barrages, que dans sa chambre pleine de recueils de poésie.
Plus vivant que le jour où il nous avait annoncé que nous allions devoir rentrer sans lui. »

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7 réflexions au sujet de « Reste le chagrin »

  1. Le chagrin des femmes après la guerre 14/18 est traité aussi dans un roman que j’ai beaucoup apprécié : « le chagrin des vivants » de Hope après les femmes anglaises je lirais bien celui des femmes américaines.

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