Contre-jour

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Contre-jour
Sara Rosenberg
Traduit par Belinda Corbacho
Editions La contre allée

A propos

Jerónimo Larrea se rend à Buenos Aires pour assister aux funérailles de son père. De retour à Madrid, où il s’est exilé et a fondé une compagnie de théâtre, il reçoit un appel de Checo, une vieille connaissance qu’il n’a pas vue depuis longtemps et qui lui propose un rendez-vous. Jerónimo Larrea n’en reviendra pas.
Sa compagne Griselda Koltan – la voix principale de Contre-jour –, actrice et interprète passionnée de Jean Genet, refuse de se résoudre à la version officielle de l’?histoire et se confronte à un monde fait d’apparences et de chausse-trappes où s’entrecroisent le crime, la folie, le théâtre, la guerre, la corruption.
Contre-jour a été écrit en 2005, au moment du procès pour crime contre l’?humanité du militaire argentin Adolfo Scilingo à Madrid, peu après l’annulation des lois d’Obéissance due et de Point final – qui interdisaient aux tribunaux argentins de sanctionner les responsables des violations des droits de l’?Homme commis entre 1976 et 1983.

Mon avis

Il y a tant de mots sous-jacents à ceux du roman. Tant de vérités. Tant d’émotions. Et les trois coups des pièces de théâtre qui retentissent au rythme des disputes et des répétitions.
Cette Argentine gangrénée par la corruption et la violence, si proche et si lointaine, colle à la peau de Jerónimo et Griselda, malgré les milliers de kilomètres qui les séparent désormais d’elle.
Jeronimo paiera de sa vie sa ténacité. Il voulait aller jusqu’au bout. Il voulait que la justice se mette enfin en branle, quitte à défier son propre frère.
Ne reste que Griselda… perdue, en proie à ces cauchemars récurrents, à ce besoin impétueux de boire et à cette certitude qu’ils sont là, dans l’ombre. Qu’ils la surveillent aussi. Qu’ils lui veulent du mal, sans doute.
Elle n’a pas tort, Griselda. Mais qui veut croire celle qu’on juge un peu folle et irresponsable ?
Certains essaient de lui tendre la main, d’autres de la manipuler. Il en est de même pour Laura, la fille de Jeronimo, elle qui aimerait tant apprendre à connaître ce père qu’elle a si peu connu de son vivant. Pourquoi se méfierait-elle de ce journaliste un poil agaçant ?
Les deux femmes vont se (re)trouver, à défaut de retrouver l’homme qu’elles ont perdu.
Et bientôt, les mots de Jean Genet regagneront leur place, il faut le souhaiter, dans la vie de Griselda qui encore une fois, ne pourra se retenir d’y apposer les siens.

En bref, un beau roman à découvrir !

Le tout petit extrait :
« – Tu as inondé deux fois l’immeuble, Griselda, tu ne peux pas le nier, et les deux fois tu étais saoule. On marche un peu ?
Elle accepta. Laura lui prit le bras et ils marchèrent en silence dans ce jardin qui paraissait être l’oeuvre d’un sadique, ou de la reine dévastatrice de roses, avec ce sol recouvert de ciment et ces petits trous d’où surgissaient des arbres rachitiques, tordus par la main de l’homme. Seuls apparaissaient au fond, derrière les murs, les érables dénudés, sur une terre qui n’était à personne, même si à Madrid, il n’existait plus aucun terrain sans propriétaire. »

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4 réflexions au sujet de « Contre-jour »

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