Dans les westerns

1507-1

Dans les westerns
de Gilles Leroy
Mercure de France

 

A propos

« On en voit, dans le métier, des physiques exceptionnels et des visages saisissants. Lui, Lockhart, c’était autre chose. On voulait entrer dans sa lumière, dans sa sphère, on voulait le prendre dans ses bras et sentir comment c’était d’être dans ses bras. Ce je-ne-sais-quoi qui fait la différence entre un grand acteur et un génie, il l’avait. À l’époque, on appelait ça le it – tu l’avais ou pas. It, c’était le pouvoir de séduire les deux sexes en toute innocence, sans rien faire, juste en étant là. Un sortilège. »
1948, Arizona. Quand Paul Young rencontre Bob Lockhart sur un plateau de cinéma, l’évidence saute aux yeux de tous : les deux hommes seront bien plus que de simples partenaires de jeu. Espionnés par les studios, la police des mœurs et la presse à scandale, les amants vivront sept années de passion, jusqu’à ce que Paul regagne le rang.
Le voici cinquante ans plus tard, devenu sénateur et patriarche, qui joint sa voix à celles de deux autres inconditionnels : l’actrice Joanne Ellis, longtemps éprise de Bob, et Lenny Lieberman, l’agent presque frère. Émus, émerveillés encore, ils tissent à eux trois la légende de Lockhart.
Toute histoire d’amour est aussi l’histoire d’un monde, nous dit Gilles Leroy : ici, une Amérique brillante, convulsive, déchirée entre avant-garde et cynisme, soif de liberté et répression.

 
Mon avis

Nous voilà projetés dans l’Amérique hollywoodienne des années 50, avec son cortège de westerns moyens, de starlettes féminines et masculines censés endosser un rôle bien précis, stéréotypé à souhait.
Mais voilà, qui aurait pu prédire qu’une histoire d’amour naîtrait entre Paul et Bob et qu’elle (sur)vivrait 7 années ?
Sous la forme de confessions journalistiques, bien des décennies plus tard, les protagonistes partagent leurs souvenirs de tournage, d’amour et de censure. Mais aussi ceux des manigances des studios et du harcèlement de la presse. Parce qu’à cette époque, il n’était pas bon être homosexuel, même dans le milieu du cinéma !
Avec une précision quasi chirurgicale, Gilles leroy dépeint l’envers du décor. Et l’envers de l’envers du décor.
On imagine sans peine les acteurs de l’époque qui ont pu inspirer l’auteur et ce qu’ils ont du endurer.
On passe de l’un à l’autre, on essaie de démêler le presque faux du vrai de vrai.
Amertumes, mensonges et liberté se cotoient pour recomposer une histoire qui a marqué chacun de ses protagonistes, quelle que soit la vie qu’ils ont ensuite décidé de suivre.

 

Le tout petit extrait :
« Dans son regard, vous aviez le miel et l’instant d’après la morsure. Comme ça, pfft. Il souriait, il piquait. »

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9 réflexions au sujet de « Dans les westerns »

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